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Cet article a été publié le par Manuel Bastard et a été consulté 1.044 fois.

Catégorie : FAIT DIVERS

Davide Garofalo est soupçonné d'avoir achevé des malades dans son véhicule. Des crimes commis pour quelques centaines d'euros, et en lien avec Cosa Nostra.../...

« Si tu veux, je ne le tue pas, mais alors tu me donnes les 200 €. Tu les as ? » C'est la réponse cinglante faite par Davide Garofalo à son collègue ambulancier, un jour que celui-ci avait tenté de se rebeller contre ses ignobles pratiques. L'homme s'émouvait du sort réservé au père de l'un de ses amis, mais, faute d'argent, n'avait pas pu s'interposer : Davide Garofalo avait alors, comme à l'accoutumée avec les malades en phase terminale qu'ils transportaient, injecté de l'air dans les veines du vieil homme, à l'arrière du véhicule, provoquant une embolie pulmonaire et, finalement, sa mort.

L'ambulancier sicilien de 42 ans a été arrêté jeudi, suspecté d'être au centre d'un réseau mafieux qui achevait des personnes en fin de vie pour mieux escroquer leur famille.

Des ambulances gérées par Cosa Nostra

Ce sont les premières conclusions de l'opération dite Ambulance de la mort conduite par le parquet de Catane, à l'est de l'île. Celle-ci avait démarré en mai dernier, après la diffusion d'une enquête fouillée de l'émission « le Iene » (« les Hyènes »), un programme satirique culte en Italie. Le système, bien rodé, démarrait autour des hôpitaux de la région. L'entreprise d'ambulances, contrôlée par Cosa Nostra, y avait le monopole. Tous les décès survenaient dans le véhicule qui ramenait les malades chez eux afin qu'ils puissent rendre leur dernier souffle auprès des leurs. « Ce sont des gens qui allaient de toute façon mourir, détaille un témoin dans le reportage, mais ils ne mouraient pas de la main de Dieu. C'est dégueulasse, il tuait pour 200 ou 300 €... »

La mort par embolie, très douloureuse, présentait l'avantage pour Garofalo et consorts d'être très rapide et invisible. Lorsque le médecin venait constater le décès — l'ambulancier sans scrupule indiquait que celui-ci était survenu au domicile —, il concluait généralement à une « défaillance respiratoire ». Profitant de la détresse des proches de la victime, Davide Garofalo s'empressait non seulement de recommander une société de pompes funèbres « amie » — qui lui versait une commission — mais également d'habiller les défunts en vue de l'enterrement. Une prestation qui lui rapportait 200 à 300 €, versés en liquide.

Pour l'heure, l'homme a été mis en examen pour avoir tué au moins trois personnes entre 2014 et 2016, deux hommes et une femme de 94, 87 et 57 ans, mais l'enquête n'en est qu'à ses débuts. D'après plusieurs témoins, ces petits arrangements avec la mort duraient depuis au moins 2012, à un rythme d'une petite vingtaine par an. Deux autres hommes sont également soupçonnés d'avoir commis les mêmes faits et d'avoir agi « avec un mépris total de la vie humaine et de la dignité des personnes », selon les mots du procureur adjoint de Catane Francesco Puleio.

Une cinquantaine de cas depuis au moins 2012

La justice a saisi d'innombrables dossiers médicaux, mais resserre ses investigations sur environ cinquante cas, dont une dizaine (parmi lesquels ceux imputés à Garofalo) apparaissent d'ores et déjà comme particulièrement suspects. Des proches de défunts se souviennent en effet avoir vu leur parent avec la « manche relevée », celle de la perfusion, dans laquelle Garofalo enfilait sa fatale seringue.

Le témoin clé qui accuse assure avoir voulu s'exprimer plus tôt, mais n'avoir pas osé, par peur de représailles : « Ces types-là, ce sont quand même les soldats des boss mafieux... » lâche-t-il, toujours dans l'émission. Mais une vague d'arrestations dans le milieu local a délié les langues. L'homme garde en mémoire un souvenir amer de ce jour où, après avoir vu mourir le père de son ami, Garofalo avait ajouté, cynique : « Celui-là, j'ai eu du mal à le faire mourir. Il a fallu que je m'y reprenne à plusieurs fois. »

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